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me in Amsterdam


Vers un gouvernement minoritaire ?

Le pire qui puisse arriver à un leader populiste est d'entrer au gouvernement. Tout victorieux qu'il est Gert Wilders, le chef du PVV, n'a qu'une minorité de députés au parlement et beaucoup des mesures qu'il propose sont rejetées fermement par une majorité de députés. Le compromis est difficilement possible. C'est l'inconvénient d'être extrémiste. Si Wilders entrait au gouvernement, ses électeurs aurait bien vu qu'il ne peut pas appliquer la politique qu'il prone. Ils se tourneraient vers un autre contestataire.

C'est aussi pour cela que la blondasse d’extrême droite a été rapidement exclue des pourparlers pour la formation du gouvernement. Il est difficile de faire des compromis avec un extrémiste et ce dernier ne veut pas faire d'effort parce qu'il n'a pas intérêt à gouverner. Les premières négociations entre le CDA (démocrates chrétiens), le VVD (libéraux conservateurs) et le PVV (extrème droite) se sont vite heurtées à un refus du CDA de pactiser avec le PVV dont le programme à l'opposé de la démocratie chrétienne. Les négociations pour la formation du gouvernement un peu plus à gauche.

L'échec de la coalition violette plus

La coalition violette plus (Paars plus) a été envisagée sur le modèle des années 90. Mais entre temps, le VVD a tourné résolument à droite. Ce parti est le nid dont sont partis les extrémistes comme Rita Verdonk et Gert Wilders. Il ne peut pas se permettre une nouvelle hémorragie. Il doit s'affirmer bien à droite, son programme en est le reflet. Laurent Chambon explique même[1] que Marc Rutte. le leader du VVD a du mal a s'affranchir d'une image D66 (centre droit) et ce gouvernement Paars plus incluant le D66 n'arrange pas sa réputation.

De son coté, le PvdA (parti travailliste), deuxième parti vainqueur des élections ne voulais pas vendre son ame au premier parti de droite pour pouvoir gouverner. Il a beaucoup insisté sur les thèmes de gauche de son programme. Il était soutenu dans ces négociations par les verts de Groenlinks, bien à gauche eux aussi et content de montrer qu'ils comptent.

La formation du gouvernement violet plus a échoué parce que la gauche était top à gauche et la droite trop à droite. C'était le 20 juillet.

Un gouvernement minoritaire

Devant ce constat d'échec, les négociations ont repris avec un nouvel informateur, Ruud Lubbers. L'idée était de réécouter tous les partis mais Lubbers est dans l'idée que seule une coalition de droite peut fonctionner. Comme Wilders est extremiste, il ne veut pas gouverner. L'idée vient donc de former un gouvernement minoritaire avec les partis qui ont l'expérience de gouvernement (CDA et PVV) et d'associer le PVV de Gert Wilders au projet de gouvernement afin d'obtenir une majorité de soutien au parlement. L'exercice est risqué mais le résultat des élections est tellement indépatouillable que Lubbers pense que c'est la seule solution.

Après s'être entretenu avec Mark Rutte, leader du VVD, Maxime Verhagen, leader du CDA et Gert Wilders, leader du PVV et a expliqué son choix lors d'une conférence de presse le 3 août dernier. L'information avait fuité la veille et a provoqué un tollé chez les partis de gauche qui n'ont même pas été consultés. Mais c'est l'option sur laquelle les partis travaillent depuis lors.

Les négociations continuent

Créer un gouvernement minoritaire qui puisse gouverner est un exercice difficile mais organiser un accord de gouvernement avec un extremiste est encore plus compliqué. Le CDA a toujours des problèmes pour gouverner avec un leader qui prone le référencent ethnique et la taxtation du foulard islamique. Sa base le fait savoir à Maxime Verhagen et ce dernier tente de se montrer ferme sur ces points qui dérangent. Wilders n'est pas trop enclin à mettre de l'eau dans son vin. Ça n'avance pas vite...

Mark Rutte n'est pas rentré au livre des records.

La presse néenrlandaise du 13 août cite l'ironique Telegraaf

« Le leader VVD Mark Rutte, 43 ans, ne sera pas le premier ministre le plus jeune de l’histoire des Pays-Bas », remarque le quotidien à grand tirage De Telegraaf à la une. « S’il avait voulu être le benjamin des premiers ministres son gouvernement aurait dû poser aujourd’hui sur le perron de la Reine Beatrix. La formation du gouvernement prend tellement de temps que le chrétien-démocrate Ruud Lubbers reste le détenteur du record. » « Rutte voulait avoir un gouvernement le 1er juillet, mais le résultat des élections a compliqué les choses. C’est aujourd’hui le 65e jour de la formation. »

Au dernières nouvelles, les discutions continuent d'aller bon train pour préparer ce gouvernement VVD-CDA minoritaire avec le soutien du PVV. C'est au sein du CDA que les discussions sont les plus vives. Vont-ils aller jusqu'à convoquer un référendum interne?

Notes

[1] Voir son article dans Minorités sur Wilders, Rutte, le placard et la Reine.

La Nederlandse Spoorwegen

C'est un aventure somme toute banale qui m'est arrivée le 10 juillet dernier mais c'est aussi l'occasion rêvé pour vous parler de la société néerlandaise des chemins de fer (en Néerlandais on dit Nederlandse Spoorwegen ce qui est plus court mais plus compliqué).

La Nederlandse Spoorwegen

La NS est la société commerciale issue de l'ancienne compagnie d'état des chemins de fers (Staatssporwegen). Comme partout en Europe[1], l'état a conservé l'activité de gestion des voies ferrées via l'organisme Prorail et privatisé l'exploitation commerciale des trains. Le transport des passagers est effectué par la NS tandis que le transport du fret, NS Cargo, est revendu à Deutsche Bahn est effectué par Railion (aujourdh'hui DB Schenker Rail). Les Pays-Bas disposent d'un réseau ferroviaire dense et maillé. La NS assure des services fréquents et réguliers avec toutes les gares du pays à l'aide de trois type de trains: Intercity (grandes lignes), Sprinter (trains régionnaux) et Stoptrein (Omnibus). Certaines rames sont anciennes mais elles sont renouvelées petit à petit. Le confort dans les train est malgré tout convenable.

Stoptrein ancienne rame

Les trains en retard et les autres

Comme il faut toujours râler à propos du train, il faut souligner le défaut reconnu à la NS, les retards ou annulations répétées pour des raisons souvent météorologiques. Ceux qui arrivent en retard au boulot à cause des trains ont souvent la même excuse. Les feuilles en automne, le gel en hiver et les rails cassés en été ainsi que divers problèmes techniques qui ne sont pas toujours expliqués. C'est dans ces cas là que l'on découvre l'excellence néerlandaise dans la logistique de pacotille. L'information est souvent manquante ou erronée. Les passagers sont dispatchés aux mauvais endroits et les agents n'ont généralement pas la bonne réponse aux question des usagers. Les gens restent malgré tout courtois comme toute personne qui n'y peut rien et qui endure avec un flegme tout protestant.

Panneau demandant d'écouter les messages

À mon avis -mais je n'ai pas approfondi la question- la NS, privatisée depuis 1995, a une obligation de rentabilité. Le choix a été fait de conserver un minimum de matériel en standby et de personnel en astreinte comme le fait, par exemple, la SNCF. L’économie est réalisée sur les salaires, l'entretien et le stockage des matériels roulant mais il est parfois impossible de faire face à des problèmes plutôt prévisibles comme la chute des feuilles en automne ou les rails cassées en été. Ce choix économique n'est pas forcément judicieux parce que les problèmes entrainent beaucoup de frais. La NS a passé des accords de coopération avec les affréteurs de bus comme Connexion, Veolia ou Arriva pour acheminer les passagers immobilisés par un problème de train.

La densité du réseau et la fréquence des trains -Les Pays-Bas ont le réseau ferré le plus chargé d'Europe- explique aussi la multiplication des retards pour un seul incident.

Une aventure

N'ayant pas de voiture, je me déplace exclusivement à vélo et en transports en commun. Pour bouger aux Pays-Bas, je prends donc le train. Je suis en général satisfait du service mais il m'arrive d'avoir des déboires, comme le 10 juillet dernier. Cette histoire sera pour un prochain article: À cause du mauvais temps

Ajout : en fait, on dit Les Nederlandse Spoorwegen

Notes

[1] C'est la directive 91/440 qui veut ça.

Le métro est fermé pour l'été

Ceux qui prennent les transports en commun à Amsterdam ont eu à leur disposition dans les trams et les bus, une petite brochure leur indiquant qu'un tronçon de métro était coupé pour travaux entre Centraal Station et Amstel Station. Ce tronçon est important parce que les 3 lignes de métro de la ville l'empruntent. La brochure explique donc tous les chemins alternatifs en tram ou en bus de remplacement.

plan de métro d'Amsterdam pendant les travaux

ligne en travaux GVB brochure La brochure indique aussi que les travaux qui auront lieu durant l'été vont permettre d'améliorer le confort et la qualité de service. Comme toujours. Seulement voilà. Les travaux n'auront pas lieu.

La ville et le contractant sont hélas (helaas) en litige et je ne sais pas si c'est le contractant chargé des travaux a dénoncé l'appel d'offreou la ville qui est revenu sur la signature de ce marché. En tout état de cause, GVB, la compagnie des transports publics de la ville d'Amsterdam doit passer un nouvel appel d'offre et cela devrait prendre du temps.

La réorganisation du transport, dut à la coupure de ce tronçon de métro a cependant bien été organisée, les chauffeurs ont pu poser plus de congés et les bus de remplacement ont été affrétés. Il n'est pas possible de rouvrir les lignes parce que les chauffeurs sont en congé. La ligne est donc coupée pour rien et on distribue de jolies brochures aux passagers pour s'excuser de la gène occasionnée.